PRESSE & FEEDBACK

ZOMBIE-PLANETE DANS LA PRESSE : À PERDRE HALEINE

Le titre est là qui dit d'entrée que ce polar construit à trois à l'heure va décoiffer de surprenante manière. Richard Tabbi est normand de passage. Il a jeté sa gourme sur Le Havre, et s'abîme présentement dans l'écriture, après avoir tâté de l'enseignement, des joies de la vie militaire, être devenu maçon, ouvrier agricole, bibliothécaire, etc.
Tout cela n'aurait guère de conséquence, si Tabbi ne trempait sa plume dans de la nitroglycérine. Son bouquin d'enfer est écrit par touches vives et courtes. Un chapitre, une page, parfois moins. Pas de fioritures, de descriptions élégantes, un contact rude, sec, brutal, ensanglanté, la mort rôde dans ce road-movie américain perdu dans un désert sans nom.
Tabbi laisse sa plume se balader en toute liberté. Les personnages que l'on rencontre au coin du bois sont dangereux, tous sans exception. La fille est folle, le type est naze, l'ami va crever. Les ploucs sont ploucs de chez plouc, les méchants... méchants et les autres doivent bien l'être quelque part.
Danger, partout et toujours, au cœur de la sombre forêt, dans les dunes, dans les couloirs blancs de l'hôpital psy. Angoisses, folie, amour aussi, comment survivre ? Même au cœur d'une déchéance morale, physique, sans avenir.
Drôle de fantasia chez ces nuls à la gâchette facile, bandes de cow-boys paumés et si satisfaits de leur crasse. Et puis il y a Roxanne, ange de la mort, punkette dont il ne faut pas croiser le chemin autrement que le livre en main. Zombie de chez zombie, la drôlesse, dure la planète. Haletant le bouquin ravageur, il colle à la peau !

(Rémi Parment,Paris-Normandie, 20 février 2003)



Livre lu: Zombie planète, de Richard Tabbi, éditions Mango. La dérive désespérée de deux êtres sans racines. Dans la pure tradition des romans de voyage vers l'enfer. Un régal.

Alain Raimbault, auteur, Canada.



je viens finir ce livre... et je dois dire qu'il m'a beaucoup plu... que dire... tout simplement une histoire d'un type légèrement pessimiste et fataliste qui sombre peu à peu dans la folie... si vous voulez en savoir plus, lisez-le... lol

je le recommande vivement!!!

!!!ENJOY!!!




Anna Gavalda, j'ai pas aimé, les autres, je les connais pas. Moi je recommande "Impuretés" de Philippe Djian, dont j'ai presque tout lu et c'est l'un de ses meilleurs, c'est sûr, et aussi "Zombie planète" de Richard Tabbi, très prometteur, une histoire à la 37.2 avec une poésie bizarre, aussi Henry Miller mais c'est une autre histoire.




j'ai découvert votre roman par le biais du festival du 1er roman de Chambéry l'année de sa parution. Je voulais vous dire qu'il est encore aujourd'hui dans le top 10 de mes lectures et qu'il avait fait l'objet à l'époque d'un réel engouement de la part de toutes les personnes qui l'avait lu (et oui !! un vrai fan club!! votre livre est un livre culte pour beaucoup de gens autour de moi!) (...)

J'espère avoir le plaisir de vous lire à nouveau. Sachez que nous continuons à faire tourner Zombie-Planete autour de nous et qu'il recueille systématiquement tous les suffrages!

Bien cordialement!

A.
(message reçu sur Facebook)




LE VIDEO-CLIP PROMOTIONNEL DE ZOMBIE PLANETE

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INTERVIEW RÉALISÉE PAR MARIE DELVIGNE
LORS DE LA SORTIE DE ZOMBIE PLANÈTE

Le tutoiement dans cet entretien s’explique par le fait que Ri et Moi avons quelques fils en commun et que, quelque part, ces fils sont certainement un peu dénudés. MD

MD : Est-ce jouissif d’être publié ?
RT : Non. Vraiment pas.

MD : Tu es plutôt littérature US, comment vois-tu l’état de la littérature en France en ce moment ou est-ce que tu t’en fiches ?
RT : L'état de la littérature française. Hum. En fait je connais très mal: Beigbeder, Van Cauwelaert, Jardin passent à la télévision à chaque rentrée littéraire. En général j'en retire une grande impression de vide. Bien sûr il y a Houellebecq. Pour moi les "Particules" est un roman essentiel. MG Dantec m'intéresse aussi beaucoup, plus par rapport à son "Journal" qu'à travers ses romans, d'ailleurs. Pour moi ils forment une espèce d'avant-garde. Bien sûr je lis toujours Philippe Djian et c'est un bonheur à chaque fois, avec mention spéciale pour "Vers chez les blancs" qui m'a époustouflé. Je remarque d'ailleurs que tous trois: Houellebecq, Dantec, Djian, ont une relation très étroite à la musique, à travers leur collaboration respective avec Bertrand Burgalat, Richard Pinhas, ou Stephan Eicher. Je crois que cela dit plus de choses que tout le reste.

MD : Fais-tu partie d’une famille d’écrivains ? Et si oui, tu n’as pas peur d’étouffer ? Quelles sont tes « idoles » ? (sourire) Pourquoi ?
RT : Je ne veux surtout pas faire partie d'une famille d'écrivains, même si, comme tu le sais, c'est une certaine littérature américaine qui m'a nourri, et qui va de Melville à Jim Harrison, en passant par Richard Brautigan, John Fante, Jack Kérouac, Charles Bukowski, Henry Miller pour retenir les principaux. Loin de m'étouffer, ces gens m'ont donné le courage de tout plaquer pour écrire. Tout simplement parce qu'ils parlaient de la VIE. Et que leur vie correspondait à leurs livres, même s'il y a souvent eu des malentendus.
Cela étant, je n'ai pas d'idoles, je crois qu'il faut lutter contre les idoles. J'écris avec une photo de Bukowski accrochée dans mon bureau. Il tient dans ses bras l'un de ses neufs chats, un chat blanc. Comme n'importe qui. Et je cherche une photo de Céline. Avec le chat Bébert, si possible. Parce que Céline, pour moi, c'est vraiment le type qui a révolutionné la littérature au XXe siècle. Et il a été aussi médecin, j'ai un pote qui a été soigné par lui, alors qu'il était gosse, à Meudon. Il s'était coupé à la main, il saignait, et Céline lui a dit: "Faut laisser pisser !"

MD : La « Beat generation » et les Burroughs, les Bukowski : c’est pas de la provocation à vide, avide ?
RT : Je crois que c'est vraiment un raccourci médiatique de mettre des gens dans un même sac et d'y apposer l'étiquette "beat génération". Ce terme, qui dans l'esprit de Kérouac avait à voir avec "béatitude" traduit déjà, il faut le dire, une quête spirituelle, et c'est ce qui ressort de sa vie, et c'est également au centre de celle de Carolyn et Neil Cassady, de Ginsberg. Le bouddhisme a profondément intéressé Kérouac, Ginsberg aussi, on le sait, et le couple Cassady s'est orienté plus tard vers le "caycisme". Kérouac, lui, en vieillissant, est revenu au catholicisme de son enfance, d'une manière très forte. J'ajoute que Bukowski, qui ne faisait pas partie de la "beat génération", et s'en défendait même, s'est intéressé au bouddhisme à la fin de sa vie, et passait pas mal de temps à méditer! Bon, tout ça pour dire qu'il y a un certain décalage entre ce que l'inconscient collectif a retenu d'un "mouvement" et le phénomène initial d'une bande de potes qui picolaient ensemble et s'intéressaient à l'écriture, au jazz (composante essentielle) et à la défonce sous toutes ses formes. Ce décalage, d'ailleurs, est patent lorsque Ken Kesey (l'auteur de "Vol au desus d'un nid de coucou") et ses" Merry Pranksters" rendent visite à Kérouac-le-mythe dans les années 60. Kérouac se sent très mal à l'aise, ne se sentant aucune affinité avec ces types barbus, chevelus, crades, qui poussent l'irrespect jusqu'à poser leur cul sur le drapeau US. Donc, je crois que le côté provoc vient bien après, Kérouac prenait très au sérieux son travail d'écrivain (il disait préférer Proust à Céline, tout comme Neil Cassady) et il a juste voulu proposer une nouvelle forme. Je pense qu'il n'avait rien à foutre du fait d'être un provocateur. Par contre, le fait qu'il soit devenu gravement alcoolique, et donc qu'il était bien souvent à bloc durant les interviews, a contribué à étayer cette image "provoc". Pour Ginsberg, par contre, il y a évidemment une bonne dose de provoc, se foutre à poil systématiquement, appuyer sur le côté cul etc. Bon, si ça fonctionne d'un point de vue littéraire, pourquoi pas? Mais je connais trop mal son ouvre pour en parler. Par contre en ce moment je lis la correspondance de Burroughs avec le même Ginsberg, et là c'est affligeant. Un fils de famille camé jusqu'à l'os qui ne pense qu'à deux choses: le cul (un authentique pédophile qui se tape des jeunes garçons, il avait lu Gide) et trouver de la came. Accessoirement se plaignant de ce que ses parents ne lui envoient pas assez d'argent Accessoirement encore parlant de littérature pour dire qu'il n'arrive pas à écrire quelque chose de "construit". Pourtant j'ai adoré Les terres Occidentales, par exemple. Mais peut-être que mon cerveau ne fonctionne pas normalement Pour finir avec Bukowski, je crois qu'il faut sortir de la tête des gens l'idée selon laquelle son écriture se réduit aux dégueulis qu'il a servis sur le plateau d'Apostrophes. Je crois qu'il était d'une grande sensibilité, d'une grande pudeur, mais que la vie ne l'a pas épargné (il a attendu d'avoir 50 ans pour enfin gagner un peu d'argent avec ses livres, il a fait tous les métiers, y compris les plus durs), et il a juste voulu témoigner de la cruauté de la vie, de sa dureté pour les humbles, les laids, les "Ioosers". Il a aussi voulu débarrasser la littérature d'une préciosité qui lui semblait sonner faux, ce qui ne l'empêchait pas d'adorer Hayn. Et quand on morfle trop (battu par son père toute son enfance, il raconte ça dans "Ham on rye") , on se construit une carapace: lui c'était l'alcool qui lui permettait d'affronter le monde. Enfin, je vois mal la provocation là-dedans, je vois juste un être humain qui en chie.

MD : T’écris où ? et l’idée d’écrire la nuit parce que là, il se passe des « chooooses », c’est pas un peu cliché ?
RT : J'écris dans le bureau que je me suis aménagé (plâtre, peintures, bois), sur un Macintosh. Et je n'écris plus la nuit. A l'époque, je n'avais pas le choix parce que dans la journée je travaillais. En plus, quand j'arrivais du boulot, j'avais une vieille baraque à retaper; Ne me restait plus que la tranche minuit-trois heures pour écrire; C'est franchement épuisant. Juste bon pour se taper une bonne dépression. Donc, maintenant, j'évite. J'écris dans la journée, musique à fond, toujours. Et je ne pense pas que ça ait changé grand'chose à mon écriture.

MD : Bon, il y a une question qui me trottine et qui est (enfin moi je trouve qu’elle l’est) obscène. J’aimerais savoir comment tu écris : papier, crayon, autres. L’acte physique d’écrire. Tu vois ? C’est comme si je te demandais comment tu fais l’amour. Pour moi, c’est du même intime.
RT : J'écris sur un macintosh et la question ne me semble ni si obscène, ni si intime, mais je suis peut-être un exhibitionniste qui s'ignore. C'est même l'ordinateur qui m'a vraiment débloqué au niveau écriture: tout à coup les choses semblaient faciles, évidentes. Chose essentielle: de la musique pour écrire, volume très élevé, et des choses violentes: Magma, Rollins Band, Messhuggah, King Crimson... Bien sur, je ne peux écrire que lorsque je suis seul: s'il y a quelqu'un dans la pièce, c'est impossible.

MD : As-tu envie de traverser la page ?
RT : Bukowski dit: "ma phrase s'est affûtée jusqu'à pouvoir déchirer la page". Je me contenterai de ça.

MD : Si lire est une errance, écrire c’est quoi ? un jeu ? une galère de plus ? une évidence ?
RT : "Ecrire c'est ce qu'il reste lorsqu'on a le sentiment d'avoir tout essayé." Philippe Djian, dans "Zone Erogène".

MD : Quignard pense que « l’écrivain est le seul menteur à avouer le fait qu’il ment ». Tu en penses quoi ?
RT : Rien. C'est trop compliqué pour moi.

MD : Et la musique , tu en dis quoi ?
RT : La musique c'est vital. Impossible d'écrire sans musique. J'aimerai écrire comme Coltrane improvise: de longs chorus parsemés de spasmes. En tout cas j'envisage l'écriture comme une espèce d'improvisation, je sais pas, Christian Vander face à sa batterie, Keith Jarrett face à son piano (toutes proportions gardées). Et j'aimerai que mes romans touchent les gens comme les chansons de Billie Holiday. Pas d'autre ambition à l'horizon. En ce moment j'écoute King Crimson, je les ai tous...
J'ajoute que je prépare un disque avec un musicien de grand talent, Patrick Jouanneau, qui met mes textes en musique; C'est vraiment un truc très important pour moi, autant que les romans.

MD : Et puis aussi te souviens-tu de tes premiers mots, de tes premiers pas ? Et quel enfant tu étais …. Et tes premières lectures aussi….
RT : Les premiers mots, je sais pas (je peux me renseigner), mais je sais que j'ai parlé très tôt. Mes premières lectures: j'ai dévoré les encyclopédies ("tout l'univers", grâce soit rendue à ce truc) et toutes sortes de bouquins sur les animaux très jeune et le premier livre très marquant était un petit volume intitulé "Contes du moyen age" qui comprenait "Les quatres fils Aymon", "La chanson de Roland" et "La légende de Guillaume d'Orange". Il y a eu aussi la lecture magique de "La guerre du feu" vers 10-11 ans et de "2001 l'odyssée de l'espace" de Clarke, ainsi que les Jules Verne: "20 000 lieues sous les mers", "Le testament d'un excentrique" etc.
Depuis quelques années j'ai l'habitude de consigner dans un cahier tous les livres que je lis, mais j'en ai oublié pas mal, hélas.

MD : Dis-moi une phrase, un mot bouleversant. Bouleverse-moi.
RT : "Les hommes modernes s'ennuient parce que l'émerveillement les a quittés. Et lorsque l'émerveillement quitte un homme, cet homme est mort. Il n'est plus alors qu'un insecte." C'est de OH Lawrence.

MD : As-tu parfois besoin de mots nouveaux pour dire ?
RT : Non, j'ai tout ce qu'il me faut.

MD : Oser, c’est mourir ?
RT : Tu en connais beaucoup qui osent? Penses-tu pour autant qu'ils soient vivants ?





La coupe AFRO/AFFREUX chère à Ludovic Lavaissière.